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Tentative d'assassinat politique


Le 8 mars 2021 dans mon village natal Taguergouste à Taliouine, à l' est de Taroudant, il y a eu une  tentative d'assassinat politique.

Les pauvres paysannes, qui venaient du centre-ville se sont arrêtées devant la scène suspecte, dénonçant l'attaque. L'un des jeunes hommes nous a dit que les agresseurs sont des professionnels du vol, nous avons tous marché jusqu'au centre du quartier, pour montrer notre désapprovation  et notre colère.

C’est la deuxième fois que j’avais senti l'odeur de la mort, la première fois était le 15 avril 2016, en embrassant  le front du martyr Brahim Saika. Dans la salle des morts de l'hôpital d'Agadir, après quinze jours d'arrestations, de torture et de réanimation de blessés, la mort du militant a été annoncée. Le Syndicat Paysan a été le théâtre de notre lutte pour la vérité sur cet assassinat, poursuivie encore aujourd'hui par Mey Aicha, mère du martyr, qui a assisté à l'inauguration du siège du syndicat le 07 janvier 2017 à Taguergouste.

Quatre ans se sont écoulés, avec  des batailles internes et externes, le mouvement paysan continue d'inclure les pauvres nomades.

 Le 08 mars 2021, en arrivant d'Agadir, j'ai rencontré mon camarde Mimoun au siège du syndicat. Nous sommes allés ensemble vers le domicile du combattant Rayss qui avait subi une agression. Sur notre chemin nous avons rencontré deux hommes arrêtés à coté d’un 4x4 noir. L’un d’eux, le propriétaire d’un nouveau bâtiment et de la voiture noire, a tenté de m'attaquer, il m'a arrêté et m'a empêché de passer en mettant ses mains sur ma poitrine. Après l’intervention de mon camarade il m’a laissé passer, ce n’était pas le bon moment pour m'agresser.

Nous poursuivons notre chemin, ils nous ont dépassé dans la voiture noire et se sont arrêtés devant la poste. Nous avons reconnu tous ces visages de la mafia immobilière, y compris  l’homme au visage blanc, acteur de toutes les machinations contre les paysannes pauvres. Un mouvement inhabituel agitait la ville, ils attendaient impatiemment en échangeant des appels téléphoniques.

C’était au cours de l'état d'urgence dans la ville. Avec notre camarade Rayss, nous avons parlé de son agression et d'autres sujets de la mafia immobilière. À 7h45 il m'a dit:  va chez toi, fais attention, ils ont décidé de t'attaquer. Je les ai alors vus s'agiter dans la ville, en communiquant entre eux.

J’ai marché tranquillement avec mon camarade vers l'ancien quartier, vieux de plus de cinq siècles. Son nom amazigh indique « lieu de résidence tranquille », situé au côté nord de la vallée, en face des champs d’Afra. Les tribus Souktana de Taliouine, région du Safran, c'est un endroit calme, Taguergoust  signifié en Tamazight « endroit décent pour descendre » qui durant son histoire a accueille des étrangers et des opprimés, de toutes les régions du pays, il le fait de même aujourd’hui.

Non loin de l'école où j' ai passé mon enfance, nous avons marché près de la route n° 10, le boulevard principal de la ville Taliouine. Une personne masquée, en costume noir que j'ai reconnue, qui marchait vite en direction opposée, nous a sauté dessus,  m’a attaqué et a bloqué mes jambes avec ses mains.

C'était le dernier moment que mon cerveau a enregistré, jusqu'à ce que je me réveille de ce cauchemar inquiétant. En essayant de me lever, je suis  tombé sur le sol, j'ai essayé à nouveau de me tenir debout. Mon camarde m'a demandé de m'asseoir à la recherche de mes affaires éparpillées sur le sol, mes lunettes cassées, j'avais du sang sur le visage, ma tête tournait.

Je suis entré au poste de la gendarmerie,  la figure en sang mais plein de courage comme d’habitude. Ils m'ont fourni un certificat médical, j’ai déposé ma déclaration. Je suivrai la situation de ma santé avec mon médecin neurologue, après deux mois j’aurai une autre visite pour un bilan de la situation de mon cerveau.

  



Abdelkrim conté aux Espagnols d'aujourd'hui

Par Maria Rosa de Madariaga

Dans une série de suppléments publiée en son temps par le journal madrilène El Pais et consacrée aux figures qui ont le plus marqué le monde et l'Espagne du vingtième siècle, Abdelkrim (1882-1963) figure en bonne place aux côtés de Picasso (1881-1973), Lénine (1870-1924), Sigmund Freud (1856-1939), Albert Einstein (1879-1955) et Fidel Castro (né en 1927) entre autres. C'est à l'historienne et militante anti-franquiste Maria Rosa de Madariaga que revint l'honneur de présenter aux petits-enfants de ceux de ses concitoyens qui ont vécu la guerre du Rif, qui était Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi. Nous présentons à nos lecteurs ce texte qui, bien que synthétique par la force des choses en raison des contraintes d'espace inhérentes à ce type d'exercice, n'appelle pas moins les faits par leur nom sans contorsion sémantique : le combat des rifains s'inscrivait bien dans le cadre de la résistance face à l'occupation (quand on pense que certains médias francophones, au Maroc même, ne prononcent jamais le terme de résistance pour désigner le combat des Palestiniens mais seulement d'activisme !) ; les bavures ne sont pas l'apanage des seuls rebelles mais également des armées conventionnelles tant il est vrai qu'il n'y a pas de guerre propre n'en déplaise aux stratèges du Pentagone !
L'Espagne et le Rif :un tragique malentendu historique
Parmi les nombreux « marocains amis » que comptait l'Espagne dans le Rif au début du 20 ème siècle, le Fquih et cadi Abdelkrim membre de la tribu des Bni Ouriaghel et père du fameux Abdelkrim né en 1882 et futur chef de la résistance rifaine, se distinguait par la notoriété dont il jouissait auprès des siens. Le cadi considérait que l'Espagne, affaiblie par ses défaites coloniales en 1898, ne disposait pas de la capacité suffisante pour se lancer à la conquête de la partie septentrionale du Maroc que la Convention d'Algésiras de 1906 lui reconnaissait comme zone d'influence.
Abdelkrim devait suivre la voie initiée par son père. Ainsi collabora-t-il de 1907 à 1915, au journal « El Telegrama del Rif », par la rédaction d'une page en arabe où il défendait les avantages d'une coopération avec l'Espagne pour sortir le Maroc de son retard économique et culturel; de 1907 à 1913, il enseigna dans une école créée par les espagnols pour les fils de notables marocains ; il fut nommé secrétaire-interprète et en 1910 cadi auprès du service des affaires indigènes de Melilla. Ses états de service lui valurent décorations et promotions : Chevalier de l'Ordre d'Isabel la Catolica, Médaillé du Mérite Militaire, Médaillé d'Afrique, premier juge musulman de Melilla.
Après l'entrée de la Turquie aux côtés de l'Allemagne dans le conflit de la première guerre mondiale, un changement d'attitude se produisit alors. Accusé d'activités pro-germaniques et pro-turques contraires à la neutralité de l'Espagne par rapport aux belligérants, Abdelkrim sera emprisonné à Melilla du 6 septembre 1915 jusqu'en août 1916 puis libéré contre une promesse de collaborer à nouveau avec l'Espagne. En réalité, ce qui avait vraiment motivé son emprisonnement c'étaient plutôt ses déclarations au sujet de « l'indépendance du Rif ». Ces paroles, prononcées en 1915, auguraient de ce qui allait être sa position dans le futur en tant que chef de la résistance rifaine : oui, à l'assistance technique et économique de l'Espagne mais rejet absolu de l'occupation militaire. La rupture ouverte ne se produisit cependant qu'au début de 1920. La nomination du général Fernandez Silvestre en tant que commandant général de Melilla et les projets de ce dernier d'avancer vers le Rif central afin d'y soumettre les tribus jusqu'à l'occupation de la baie d'Al Hoceima et de mater en particulier la tribu des Bni Ouriaghel considérée comme « le foyer de toutes les résistances », ne furent pas étrangers à son ralliement à la résistance. En réalité, l'avance des troupes ne s'effectuait que grâce à la distribution, aux tribus en prise avec la famine, de sacs d'orge et de billets de banque comme devait le dénoncer aux Cortes le député socialiste Indalecio Prieto.
Le 15 janvier 1921, Silvestre occupa Anoual. L'attitude des tribus devait changer notamment avec la perspective de bonnes récoltes. Le 1 juin 1921 se produisit l'attaque et la prise d'Abarran que les troupes espagnoles venaient à peine d'occuper ; le 17 juillet eut lieu la prise d'assaut d'Igueriben et le 21 celle d'Anoual où Silvestre était accouru en renfort de Melilla dans une tentative désespérée de sauver la situation. Le soulèvement des tribus était général et la défection de la police indigène et des « Regulares » chaque jour plus patente. Il ne restait plus d'autre solution que celle du repli. Les conditions dans lesquelles celui-ci s'effectua, avec la hâte d'abandonner le réduit, semèrent la confusion parmi la troupe déjà fortement démoralisée. Plus que les attaques des rifains, ce qui causa le plus de victimes à Anoual fut la débandade en masse des soldats tenaillés par la soif et pris d'épouvante qui dans un « sauve qui peut » désespéré abandonnèrent armes et munitions, se bousculant dans une course folle, les uns mourrant asphyxiés par la poussière, les autres écrasés par les chars abandonnés et les mulets emballés sur la crête du ravin. Silvestre mourra à Anoual, emportant avec lui ses rêves d'être le général espagnol qui devait entrer triomphalement à Al Hoceima et soumette l'irréductible tribu des Bni Ouriaghel. Après Anoual, ce qui resta de cette armée décimée et en piteux état chercha refuge dans les positions d'arrière-garde qui en quelques jours tombèrent les unes après les autres comme un château de cartes jusqu'aux portes de Melilla. Un contingent important réfugié à Jbel Aroui qui avait tenté en vain de résister finit par se rendre le 9 août. Là, alors que des négociations étaient en cours pour la reddition des derniers combattants, les chefs rifains débordés par leurs troupes déchaînées ne purent empêcher un terrifiant massacre.
La défaite d'Anoual eut d'énormes répercussions non seulement dans le Rif mais dans toute la zone du Protectorat espagnol où Abdelkrim fut reconnu comme chef indiscutable de la résistance. Et même en Espagne avec le coup d'Etat du 11 septembre 1923 du général Primo de Rivera pour faire taire les voix de ceux qui réclamaient des comptes aux militaires après le désastre d'Anoual. Abdelkrim voulait-il vraiment un accord avec l'Espagne ? Ses tentatives répétées, avant comme après Anoual, d'entamer des pourparlers de paix en tout cas le prouvent. Mais la dynamique des forces en présence poussait à la guerre et non à la paix. Abdelkrim ne pouvait accepter les conditions imposées par l'Espagne occupation militaire du territoire à tandis que l'Espagne ne pouvait accepter l'indépendance du Rif.L'accord de coopération franco-espagnol de juin-juillet 1925, en vertu duquel se décida l'intervention conjointe des armées d'Espagne et de France pour anéantir le mouvement de résistance, permit aux troupes espagnoles de débarquer à Al Hoceima le 8 septembre puis d'entrer le 30 à Ajdir, capitale d'Abdelkrim, où les légionnaires commirent plusieurs razzias saccageant notamment la maison du chef rebelle. Le 27 mai 1926, le chef rifain se rendit aux français. Déporté ainsi que sa famille à l'île de la Réunion, il y séjournera jusqu'en mai 1947, où à la faveur d'une escale à Port Saïd du bateau qui le transférait en Europe, il demanda l'asile politique au gouvernement égyptien. Il mourut au Caire le 6 février 1963.La défaite d'Abdelkrim aura, dix années plus tard, d'énormes répercussions en Espagne. Elle favorisa la montée en puissance de la caste des militaires africanistes qui, s'appuyant principalement sur les forces de choc à la légion et les « Regulares »- se lanceront en 1936 à la conquête de l'Espagne.

Portrait du Colonel Haddou ben Abdeslam Akchich



Il est surnommé aux documents historiques : Ahmed Abdeslam Arrifi né en 1918 à Tamassint commune Imrabtine, tribu ait ouaryaghel, province d'Al hoceima Maroc. Après ses études dans plusieurs écoles traditionnelles au Rif, il avait continué ses études à l'un des instituts à Tetouan, dont il avait intéressé à ses études et encadré au même temps les mouvements de protestations des élèves. A cause de ces activités militantismes et politiques il va être exclu de cet institut, par conséquence il quittera Tétouan pour continuer ses études à l'un des instituts de Fès. Par les mêmes causes il sera exclu des études à cet institut. Il prendra son retour à Tétouan dont il aura continué ses activités militantismes révolutionnaires contre le colonialisme espagnol au Rif.

En 1945 il était emprisonné par les autorités espagnoles qui l'avaient envoyé à Tamassint, dont il sera sous haute surveillance. A la fin de l'année 1946 il avait quitté le Maroc en compagnie d'un de ses camarades vers l'Egypte. Après avoir arrivé au Caire, il avait contacté l'Emir Mhand Abdekrim khattabi qui lui proposait de continuer ses études à l'université Alazhar. L'Emir avait découvert en sa personnalité des énormes compétences militantismes et politiques, c'est ce qui va le qualifier pour être parmi les premiers militants révolutionnaires envoyés à la faculté militaire de Bagdad au premier octobre 1948.

Il finira ses études au 30 juin 1951 comme lieutenant, cadre militaire très important à l'époque, Haddou va être chargé par l'Emir pour constituer les premières troupes de l'armée de libération nationale au Nord-Africain. Parmi ces premières missions militaires, il était responsable des mouvements révolutionnaires en Algérie et Libye, dont il était chargé de 30 milles combattants algériens et libyens, il sera le premier à tirer la première balle aux montagnes Al awrass en Algérie comme signal du début de la libération des pays du Maghreb.

En 1956, il avait retourné à Tétouan pour réaliser des missions révolutionnaires dont il a été chargé par l'Emir Abdelkrim mais, il était emprisonné par les autorités coloniales pendant trois mois à Sebta. Après sa libération, il s'installera à Tamassint, à cette occasion il va visiter les douars et souks des régions d'Alhoceima, pour expliquer aux paysans pauvres l'opinion de l'Emir Abdelkrim sur l'indépendance falsifiée de 1956 et pour leur demander de continuer la lutte pour la vraie libération sous l'appui de l'armée de libération nationale qui a pour but l'évacuation de toutes les forces coloniales dans tous les terretoires marocains. Son slogan est "pas de vie au Rif sans l'Emir Mhand Abdelkrim khattabi".

Les nouvelles autorités coloniales en alliance avec le parti Al istiqlal avaient poursuivi tous les militants révolutionnaires qui ont des relations avec l'Emir, les terrorisé, les détenu, les torturé et les tué. A la fin d'avril (ou mai) 1956, un commando de dizaines de personnes armées avait encerclé la maison du Haddou Ben Abdeslam Akchich à Tamassint. Ils ont enlevé le colonel, son dernier mot à sa mère est " en fin nous sommes dans les mains des voyous mais, si ma vie sera longue je vivrai homme, si je serai mort je mourra homme tête levée". Depuis son enlèvement sa famille ne sait rien sur le reste de sa vie ni de sa mort. Il est certain qu'il était bien torturé jusqu'à la mort en compagnie d'autres camarades révolutionnaires avant de quitter la vie !

Tout le monde au Rif parle des coupables membres du parti Al Istiqlal : Allal El Fassi, Attores, Mehdi Ben Berka ... Suite à la version d'Al mehdi El moumeni Attajkatani dans son livre "Dar Bricha ou histoire d'enlevé", le colonel Hadou ben Abdeslam Akchich est tué au jardin Abricha à Tetouan, le camp utilisé par les milices du parti Al Istiqlal pour torturer les militants révolutionnaires et que son corps est dans un coin non connu jusqu'à maintenant.

Quelque soit l'histoire de sa mort, la vérité de son enlèvement a été par les mains des opportunistes qui sont contre la libération totale la patrie. Ceux qui avaient préféré l'accès aux chaises de l'autorité au nouveau colonialisme sur les cadavres des militants révolutionnaires.

Le comité de l'équité et la réconciliation a marginalisé la question du colonel Haddou !

C'est une autre façon de tuer Haddou une deuxième fois.

L' CER ne fait que convoquer son frère à une audience d'écoute des victimes de la torture des années obscures, qui avait parlé pendant quelques minutes des souffrances de sa famille après son enlèvement et surtout, son père qui a été lui aussi envelvé, torturé, jugé, condamné à mort, passé quatre ans de détention et souffrant de plusieurs maladies jusqu'à sa mort !